• Il est temps d'agir maintenant.
  • Des milliers de pratiquants de Falun Gong en Chine sont tués pour leurs organes.

Actualités

GENOCIDE MEDICAL

3 août 2017 11:49

Un crime contre l’humanité, une corruption monstrueuse de l’éthique médical, « génocide médical » est un documentaire de 20 minutes qui illustrent les preuves de prélèvements forcés d’organes en Chine depuis des années.

Un éminent avocat de défense des droits de l’homme parle du trafic d’organes en Chine

15 juin 2017 11:29

David Kilgour, co-auteur du livre « Bloody Harvest », a contribué à soulever une opposition mondiale contre ces atrocités en Chine

Un éminent avocat de défense des droits de l’homme parle du trafic d’organes en Chine

David Kilgour, l’ancien Secrétaire d’État canadien pour l’Asie-Pacifique et l’Afrique-Amérique latine, se prononce lors d’une conférence de presse devant l’hôtel de ville de San Francisco, le 23 mai 2017. (Lihui Zhou / The Epoch Times)

SAN FRANCISCO : Lors d’une conférence de presse donnée le 23 mai dernier devant l’hôtel de ville de San Francisco, David Kilgour a parlé de son travail d’une décennie consacré à la dénonciation des meurtres de prisonniers de conscience en Chine suite aux prélèvements d’organes forcés effectués par l’État chinois.

«  On n’a pas besoin d’être un vrai détective pour savoir ce qui se passe. Nous avons gagné la partie ; la discussion intellectuelle est terminée. Tout le monde sait que cela se passe », a-t-il martelé.

David Kilgour, avocat de profession, a été pendant presque 27 ans député du Parlement du Canada. Il a également servi dans le gouvernement canadien aux postes du Secrétaire d’État (Afrique et Amérique latine) et Secrétaire d’État (Asie-Pacifique) et a été nominé pour le Prix Nobel de la paix 2010. Il est arrivé à San Francisco le 23 mai pour une visite de trois jours.

M. Kilgour et l’avocat international David Matas sont les principaux avocats de défense des droits de l’homme à avoir enquêté sur les prélèvements forcés d’organes sur les prisonniers de conscience en Chine.

LIRE AUSSI : 1,5 million de Chinois tués pour leurs organes

Leur rapport révolutionnaire « Bloody Harvest », publié en 2006, a démontré que des prélèvements massifs d’organes avaient lieu en Chine et que les victimes étaient principalement les pratiquants de la discipline spirituelle de Falun Gong. En 2016, Kilgour et Matas, en collaboration avec le journaliste d’investigation Ethan Gutmann, ont publié un nouveau rapport intitulé « Bloody Harvest/The Slaughter : an Update » qui se base sur un examen des programmes de transplantation d’organes de centaines d’hôpitaux en Chine.

Depuis 2006, Kilgour et Matas ont voyagé dans le monde entier pour sensibiliser les gens aux atrocités qui se passent en Chine, témoigner devant les législatures et parlements de différents pays, et se prononcer lors de séminaires d’experts, de forums de défense des droits de l’homme et d’autres événements.

Le travail de Kilgour et Matas ont contribué à l’adoption, en décembre 2013, de la résolution du Parlement Européen, suivi, en juin 2016, par celle du Congrès des États-Unis, qui condamnent le régime chinois pour ces atrocités.

Lors de sa visite, David Kilgour s’est prononcé lors de plusieurs projections cinématographiques, y compris à la projection organisée à l’Université de Stanford du documentaire « Human Harvest » qui a remporté le Prix Peabody.

Un autre documentaire traitant du sujet, le « Hard to Believe » qui a remporté 14 prix et a été tourné par le cinéaste primé Ken Stone, a été présenté le 25 mai à  l’Université de Californie-San Francisco et au cinéma Opera Plaza.

Ces projections gratuites ont été  parrainées par DAFOH (Doctors Against Forced Organ Harvesting – Médecins contre les prélèvements forcés d’organes), une ONG chargée de protéger les pratiques médicales éthiques qui garantissent la dignité humaine.

Dr. Alejandro Centurion, représentant de DAFOH dans la région de San Francisco, a déclaré : « La visite de M. Kilgour permettra à davantage de membres de la communauté médicale et du grand public de connaître ces crimes. Beaucoup d’Américains, y compris les professionnels de la santé, n’ont pas encore entendu parler de ce qui est sans doute l’une des plus grandes violations de l’éthique médicale de notre époque. Une plus grande sensibilisation du public est essentielle pour aider à en mettre fin. »

Article extrait de Epoch Times

Un journal Canadien dénonce les prélèvements forcés d’organes en Chine

11 avril 2017 20:52

Le 7 avril dernier, le Huffington Post publiait un article dénonçant les prélèvements forcés d’organes par le biais de deux pratiquantes de Falun Gong témoins de cette barbarie.

Lien vers l’article

Trafic d’organes en Chine : des survivantes interpellent le gouvernement Trudeau

 

ORGAN HARVEST CHINA

Quatre manifestants recréent une scène de meurtre à l’endroit d’un fidèle de Falun Gong. (PATRICK LIN/AFP/Getty Images) | PATRICK LIN via Getty Images

OTTAWA – Des survivantes des camps de travaux forcés en Chine, qui auraient été emprisonnés pour le trafic d’organes, espèrent que le gouvernement canadien agira pour mettre fin à ce fléau qui tuerait des dizaines de milliers de Chinois dans le plus grand secret chaque année.

Cindy Song avait 26 ans en 2001 lorsqu’elle a été arrêtée, puis envoyée dans un camp de travail forcé comme « prisonnière de conscience » pour trois ans dans la ville de Zibo, dans l’est de la Chine. Son crime ? Elle suivait les enseignements du falun gong, une pratique spirituelle basée sur la médecine traditionnelle chinoise.

Le Parti communiste chinois persécute depuis près de 18 ans ceux qui pratiquent le falun gong, et nombreux sont ceux qui disparaissent de façon mystérieuse après leur arrestation.

Les journées de Mme Song au camp commençaient à 6h et se terminaient vers 23h, parfois minuit. Ses temps de repas étaient limités à cinq minutes et elle devait demander la permission pour aller à la salle de bains. Les prisonniers n’avaient pas le droit de parler entre eux.

cindy song

Cindy Song, 42 ans, a survécu à trois années passées dans les camps de travail. (Photo : Courtoisie)

« Mais ce temps-là [passé à travailler] était considéré comme plutôt paisible, décrit-elle, en comparaison avec les séances de torture dont elle a été victime. Toutes les formes de violence étaient tolérées. La mort était tolérée. »

Quand elle ne travaillait pas 18 ou 19 heures par jour, c’est que Mme Song était placée en isolement, battue par ses tortionnaires, soumise à des séances de lavage de cerveau ou encore privée de sommeil pour des jours à la fois. Une fois, elle a été obligée de se tenir debout sur ses pieds pendant neuf jours et neuf nuits.

Les prisonniers comme elle étaient également obligés de se soumettre à des tests médicaux. Avant son arrivée au camp de travail, un médecin a forcé Mme Song à fournir un prélèvement de sang, un échantillon d’urine et à passer une radiographie.

Rendue là-bas, elle a dû apposer les empreintes digitales de ses mains sur un formulaire pour consentir à donner ses organes. De temps à autre, ses gardiens de prison disaient qu’ils avaient des « quotas » à remplir ou encore menaçaient de l’envoyer dans une « prison spéciale » dont elle ne reviendrait pas.

Dévoilé au grand jour en 2006

L’une des premières personnes à admettre que des prisonniers politiques étaient tués pour en prélever des organes est l’ex-épouse d’un chirurgien qui opérait dans un camp de concentration à Sujiatun, dans le nord-est de la Chine. Elle a révélé ces atrocités au grand jour en mars 2006 sous le couvert de l’anonymat.

Son mari lui avait confié qu’il retirait les cornées de prisonniers qui pratiquaient le falun gong, dont certains étaient encore vivants. L’hôpital où il travaillait retirait également des foies, des reins et de la peau, avant de jeter les corps dans un incinérateur pour dissimuler les preuves.

Jing Tian, qui a été détenue et envoyée dans des camps de travail forcé à plusieurs reprises entre 1999 et 2003, dit que c’est à ce moment-là qu’elle a compris pourquoi elle a été examinée aussi souvent lors de son temps en détention. « J’étais sous le choc. Je ne pouvais pas y croire », a-t-elle dit par le biais d’une interprète.

« Il n’y a pas de loi qui empêche un Canadien d’aller à l’étranger afin de recevoir un organe issu de l’exploitation »
— Garnett Genuis, député conservateur

Elle aussi a été victime d’atroces souffrances. Dans son temps passé en détention, elle a été attachée sur un arbre à peine habillée en plein hiver ou encore suspendue au-dessus d’un four à briques. Elle a vu certains prisonniers se faire battre à mort.

En replongeant dans ses douloureux souvenirs, Mme Jing se souvient que des médecins lui prélevaient de larges quantités de sang – assez pour remplir huit éprouvettes – et qu’elle avait dû répondre à certaines questions sur ses relations avec sa famille ou ses anciens collègues.

« Parce que je vivais dans une grande ville, parce que j’avais plusieurs connaissances, parce que j’étais proche de ma famille, ils ne feraient rien. Mais ils continuaient tout de même de mener des tests sur une base régulière. »

D’autres prisonniers n’ont pas eu sa chance. Certains arrivaient au beau milieu de la nuit étaient disparus avant l’aube, raconte-t-elle.

Un projet de loi à Ottawa

Le sujet du trafic d’organes revient dans l’actualité, alors que le député conservateur Garnett Genuis tentera de raviver le projet de loi C-561 de l’ancien ministre libéral Irwin Cotler. Son projet de loi ne s’était rendu qu’en première lecture à la Chambre des communes en 2013.

C-561 imposerait des sanctions pénales aux personnes qui participent au trafic d’organes, au Canada ou à l’étranger, acquis à la suite d’une transaction financière ou sans le consentement du donneur.

« Ici, au Canada, nous avons un vide juridique qui doit être réglé, a fait valoir M. Genuis dans un discours cette semaine. Il n’y a pas de loi qui empêche un Canadien d’aller à l’étranger afin de recevoir un organe issu de l’exploitation. »

« Soutenir le trafic d’organes est un crime contre l’humanité selon les lois internationales, alors ce devrait être un crime ici, au Canada, également. »

david kilgour

David Kilgour dénonce le trafic d’organes en Chine depuis plus de 10 ans. (Photo : Getty Images)

L’ancien député fédéral David Kilgour et l’avocat des droits de la personne David Matas ont co-écrit un rapport publié en 2006, qui a permis de faire la lumière sur l’étendue du trafic d’organes des prisonniers politiques en Chine. Leur rapport a été considéré « extrémiste » et a été banni en Chine et en Russie.

Les deux hommes ainsi que le journaliste Ethan Guttmann ont répété l’exercice dix ans plus tard, en 2016, en produisant un volumineux rapport de 798 pages cette fois-ci dans lequel ils estiment que le régime communiste chinois aurait orchestré jusqu’à 1,5 million greffes d’organes de 2000 à 2015.

La Chine estime plutôt qu’environ 10 000 greffes ont été menées chaque année et que les organes prélevés de prisonniers ont été pris avec leur consentement au préalable.

Le Canada doit garder les yeux « grands ouverts »

Alors que le gouvernement Trudeau veut resserrer les liens avec la Chine, M. Kilgour croit que le Canada doit garder les yeux « grands ouverts » au plan des droits humains et se tenir debout pour les « valeurs canadiennes ».

« Des gens ont peur que ce projet de loi [C-561] ne passe pas, parce que cela offenserait la Chine. Mais comment est-ce que ça pourrait les offenser s’ils disent qu’ils ne font pas ce genre de chose ? » ironise-t-il.

Les séances de torture de Cindy Song ont pris fin quelques mois avant qu’elle soit libérée à l’automne 2004. Son père talonnait les responsables de l’établissement à tous les jours afin qu’elle soit relâchée du camp de travail.

« C’est un génocide des temps modernes. La façon dont on réagit fait appel à notre humanité et notre sens moral »
— Cindy Song, survivante des camps

Avec le recul, Mme Song considère que la mobilisation entourant son emprisonnement lui a sauvé la vie. « Je crois que sans l’aide de mes parents, je serais « disparue » », explique la femme âgée maintenant de 42 ans.

Jing Tian, de son côté, a entrepris de nombreuses grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention. Elle a été relâchée pour de bon après 50 jours sans manger de nourriture, puisqu’elle était sur le bord de la mort.

La femme de 47 ans croit que les autorités l’ont envoyée chez elle parce qu’ils voulaient éviter toute la mauvaise publicité qui aurait entouré son décès. De toute façon, ils n’auraient pas pu prendre des organes en mauvais état après une telle famine, dit-elle.

Une nouvelle vie au Canada

Les deux femmes ont depuis emménagé au Canada et vivent des vies relativement paisibles. Mme Song a fait des études en droit et aspire à devenir avocate. Mme Jing aime jardiner et sillonne les sites de touristes à Vancouver pour dénoncer les actes du régime chinois.

« C’est important d’informer les gens sur ce qui se passe en Chine. Au Canada, c’est dur d’imaginer que des choses comme cela se passent à travers le monde. Mais elles se passent réellement », explique Mme Song.

Elle espère que le gouvernement Trudeau aura cette arrière-pensée lorsqu’il négociera avec la Chine un traité de libre-échange, par exemple. « Lorsqu’on fait des affaires, il faut bien connaître son partenaire, dit-elle. S’il commet des meurtres de masse, allez-vous quand même faire affaire avec lui ? »

« C’est un génocide des temps modernes. Ça se passe en ce moment. La façon dont on réagit fait appel à notre humanité et notre sens moral. »

Congrès au Vatican : un médecin chinois accusé de meurtre prend la parole

15 mars 2017 12:59

L’Académie pontificale des sciences a lancé une controverse, en invitant au Sommet du Vatican sur le trafic d’organes et le tourisme des transplantations se tenant le 7 et 8 février, un orateur lié aux prélèvements d’organes forcés en Chine.

Le sommet est tenu dans l’espoir de régler le problème du trafic d’organes et du tourisme des transplantations, mais les enquêteurs sur les prélèvements d’organes forcés en Chine affirment que cela pourrait échouer, en faisant écho à la propagande du pire responsable des prélèvements forcés d’organes.

Le Dr. Huang, porte-parole officiel du régime chinois sur les transplantations d’organes, représentera la Chine à ce sommet. On s’attend à ce qu’il nie la pratique des prélèvements d’organes forcés en Chine et promeuve des déclarations d’une réforme médicale en Chine.

Ces déclarations, avec les preuves s’accumulant sur les prélèvements d’organes forcés, ont incité les enquêteurs sur les prélèvements d’organes à demander à l’Académie pontificale des sciences de présenter un équilibre des preuves sur la situation pendant le sommet.

Le Dr. Huang Jiefu est le président du comité national de don et de transplantation d’organes chinois. Il compte parmi les chirurgiens de transplantation du foie les plus demandés de Chine. Sa démonstration largement médiatisée d’une transplantation de foie compliquée dans la province du nord-ouest du Xinjiang en 2005 a attiré l’attention sur la capacité des hôpitaux chinois de se procurer des organes à la demande.

Comme réserve pour l’opération, il a téléphoné à des hôpitaux à Chongqing et à Guanzhou pour avoir des foies correspondants supplémentaires. Les foies ont été délivrés sous 24 heures mais jamais utilisés, selon quatre rapports de publications affiliées aux médias officiels chinois.

Le régime chinois a affirmé que les organes proviennent de prisonniers exécutés, dont les peines devaient être conduites sous sept jours, selon la loi chinoise. Le Dr. Huang n’a pu obtenir d’organes frais que s’il y avait une population captive et du groupe sanguin compatible prête à être tuée sur demande, analysent les experts. Les prisonniers de conscience, principalement des pratiquants du Falun Gong, sont la principale source de ces organes, selon la conclusion récemment publiée par la Chambre des représentants des États-Unis, aussi bien que par un certain nombre d’enquêteurs.

Pendant ce temps, dans un échange par email avec le président d’une ONG d’informations sur les prélèvements d’organes en Chine, l’évêque Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences, s’est montré méprisant quant aux allégations portant sur les prélèvements d’organes en Chine et le rôle du Dr. Huang comme écran du régime sur la question.

Le sommet du Vatican est un « exercice académique et non une relance d’assertions politiques contentieuses », a-t-il écrit le 10 janvier en réponse à Wendy Rogers, professeure d’éthique médical à l’université Macquarie et présidente de l’ International Advisory Committee of the International Coalition to End Organ Pillaging in China. Selon lui, certains enquêteurs clés sur les prélèvements d’organes ont participé à des « événements politiques condamnant la Chine », telles que des prises de parole au Congrès des États-Unis et au Parlement Européen.

Rogers n’est pas d’accord sur ce point. « Dire simplement que des preuves sont des ‘assertions politiques’ masque le véritable problème, évite la vérité et donne du soutien à ceux ayant les plus fortes raisons de nier ces crimes », écrit-elle en réponse.

Trois enquêteurs – l’ancien membre du Parlement canadien David Kilgour, l’avocat des droits de l’homme canadien David Matas et le journaliste des droits de l’homme Ethan Gutmann – ont commencé à prendre connaissance des allégations de prélèvements d’organes forcés des pratiquants de Falun Gong au début des années 2000.

Le Falun Gong est une discipline spirituelle traditionnelle chinoise qui était pratiquée par 70 à 100 millions de citoyens chinois en 1999, selon des estimations officielles, avant d’être visé par la persécution du régime chinois.

Après avoir interviewé des pratiquants ayant été détenus dans des camps de travaux chinois, examiné des données officielles du gouvernement et échangé avec des médecins chinois et des gardes de prison, les enquêteurs ont conclu que le régime chinois avait mis en place une industrie de prélèvements d’organes pendant plus d’une décennie en prélevant les organes des Ouïghours, des Tibétains, des Chrétiens, et principalement d’une importante population carcérale de prisonniers de conscience du Falun Gong.

« Il est très préoccupant que des institutions hautement respectées internationalement comme le Vatican fournissent une plate-forme pour la perpétuation de déclarations sans preuve sur une réforme du don d’organes en Chine », écrit Rogers.

« Cela prête de la crédibilité à de fausses déclarations et aide à éviter de tenir responsables ceux qui ont été impliqués dans les prélèvements d’organes forcés. »

Cette décision d’inclure Huang a également décontenancé Lord David Alton, depuis longtemps avocat des droits de l’homme et un catholique proéminent. Dans une publication écrite il confie être « profondément alarmé » par les rapports continus sur les prélèvements d’organes forcés « barbares » en Chine.

« J’ai encouragé l’Académie pontificale des sciences à envisager d’inviter des enquêteurs dont les découvertes suggèrent que les prélèvements d’organes forcés continuent sur une échelle bien plus large que ce qui était précédemment considéré », écrit Alton.

« Il est juste de vouloir essayer de questionner la Chine sur ces questions, mais il est vital que nous le fassions de façon critique et avec transparence, et pas d’une manière offrant simplement une victoire à la propagande chinoise. »

Une telle transparence se rencontre difficilement, selon Ethan Gutmann. Ce dernier a été critique envers le Dr. Francis Delmonico, l’ancien président de The Transplant Society (TTS) et l’un des principaux organisateurs du sommet, pour avoir manqué de demander à la Chine de rendre des comptes sur les prélèvements d’organes.

Le Dr. Delmonico est « véritablement dévoué » à travailler « main dans la main » avec le Dr. Huang Jiefu pour promouvoir l’idée que la Chine fasse des réformes médicales plutôt que de lui poser des questions sur ce qui a eu lieu précédemment, rapporte Gutmann.

Le Dr. Delmonico et le Dr. Huang ont « enterré l’histoire, enterré les corps de façon à ce qu’ils ne soient plus jamais vus », indique Gutmann. En poursuivant : « Ce que la Chine a fait est l’équivalent d’une entreprise ayant produit de grandes quantités de matériaux toxiques, les ayant ensuite enterrés là où personne ne les trouveraient, dans l’espoir qu’ils se diluent dans le sol et soient oubliés ».

Retrouvez l’intégralité de l’article sur Epoch Times

Journée mondiale des droits de l’homme : plus de 2 millions de pétitions signées contre l’ancien dirigeant chinois

20 décembre 2016 23:02

Article extrait de Epoch Times

Le 10 décembre 1948 l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’homme. Soixante-huit ans plus tard, un avocat, en vertu de ces droits universels, réclamera le procès de l’ancien dirigeant chinois Jiang Zemin, dont les abus contre la pratique spirituelle du Falun Gong ou contre les opposants au régime communiste ont noirci la carrière.

Et son message a eu un formidable écho. Selon Theresa Chu, avocate taïwanaise coordonnant le soutien mondial du mouvement pour traduire Jiang en justice. Environ 2,06 millions de personnes ont signé une pétition encourageant les centaines de milliers de Chinois qui ont porté plainte auprès des plus hautes instances judiciaires du pays.

Chu déclare : « C’est un appel lancé à l’administration de Xi Jinping et à la Cour pénale internationale de La Haye – Prenez en compte les droits humains de plus de 2 millions de personnes dans 28 nations du monde qui veulent poursuivre Jiang Zemin, cet énorme criminel ayant initié la persécution du Falun Gong ! »

Les pétitions ont été signées dans de nombreux pays, dont l’Ukraine et Israël. La majorité provenait de Corée, du Japon et de Taïwan.

Ce mouvement civique a commencé en 2015, faisant écho à une vague de procès en Chine continentale contre Jiang, pour son génocide et ses crimes contre l’humanité. C’est en 1999 que l’ancien Chef du Parti lançait sa campagne pour éradiquer le Falun Gong, une pratique pacifique de méditation basée sur les croyances traditionnelles chinoises. Plus de 70 millions d’adhérents furent victimes, d’emprisonnement, de camps de travail, de torture et du commerce illicite d’organes.

«  La dictature communiste a été responsable de la persécution et de la mort de dizaines de millions de personnes en Lettonie et dans les pays voisins comme la Russie, l’Ukraine, la Lituanie et l’Estonie », a rappelé Anatole, un pratiquant letton de Falun Gong. « Je pense que le moment est venu. Le régime communiste doit être poursuivi, afin que le peuple chinois accède à une véritable liberté de conscience. »

Theresa Chu a appelé l’actuel dirigeant chinois Xi Jinping à placer Jiang face à ses crimes et à œuvrer pour la réhabilitation des pratiquants de Falun Gong, légalement, socialement et financièrement.

Chu explique : « Xi s’est engagé à respecter les valeurs universelles, à restaurer la culture traditionnelle chinoise, à garantir la liberté religieuse et à abolir les camps de travaux forcés, mais la communauté internationale va s’interroger – l’horreur des prélèvements forcés d’organes à vif sur les pratiquants de Falun Gong a-t-elle cessée ? »

Le Dr. Madeleine Petrovic, sénatrice du Parti vert en Autriche, estime que « même si poursuivre en justice Jiang ne ramènera pas les victimes à la vie, nous voulons que les familles sachent que le monde a pris conscience du degré de cette injustice. »

Cette année, la Journée des droits de l’homme a eu pour thème : « Levez-vous pour les droits de quelqu’un aujourd’hui. »

Le journal Marianne dénonce les abus de transplantations d’organes en Chine

12 septembre 2016 23:48

 Des ONG et médecins s’insurgent sur la tenue à Hong Kong du congrès annuel de la société de transplantation au mois d’aout dernier.

Le journal Marianne relate ces faits dans un article intitulé : « La Chine, championne du trafic d’organes sur prisonniers, reçoit le congrès de la transplantation »

11466-100245186

La représentante républicaine IIeana Ros-Lehtinen qui a porté au congrès le projet de résolution contre les prélèvements d’organes en Chine.

Quelques extraits de l’article :

Dans un article publié mercredi par l’, plusieurs docteurs et membres d’ONG médicales se sont élevés contre la tenue à Hong Kong du  de la Société de transplantation, qui célèbre par ailleurs en 2016 son 50e anniversaire. Malgré les affirmations des autorités chinoises, les auteurs de l’article estiment en effet qu’il est impossible de s’assurer que les prélèvements d’organes sur les condamnés à mort exécutés ont pris fin. La Chine a en effet longtemps tiré profit de ces exécutions en récupérant les organes des condamnés pour répondre à la demande de greffe dans les hôpitaux. Accusées par la communauté internationale d’effectuer ces prélèvements sans l’accord des détenus, ce n’est qu’en 2015 que .

On peut lire sous la plume de ces professionnels :

« Dans le contexte actuel, il n’est pas possible de vérifier la véracité des changements annoncés et il demeure prématuré d’inclure la Chine comme partenaire éthique dans la communauté internationale des transplantations. Jusqu’à ce que nous ayant des preuves indépendantes et objectives de la complète cessation du prélèvement non-éthique d’organes sur les prisonniers, la communauté médicale a la responsabilité professionnelle de maintenir un embargo académique sur les professionnels de la transplantation chinois« 

Le Dr. Jacob Lavee, président de la société de transplantation israélienne a affirmé le 17 août dans une interview au  qu’en autorisant la tenue du congrès à Hong Kong, la Société de transplantation avait « abandonné sa seule arme contre la Chine pouvant forcer le pays à effectuer un prélèvement éthique des organes« .

La Société de transplantation a pour sa part renvoyé à un  affirmant qu’elle était opposée au prélèvement d’organes contraires à l’éthique et que toutes « les donations d’organes de prisonniers exécutés sont rejetées« . La tenue du congrès n’a en rien été modifiée.

Refus des Chinois de donner leurs organes 

En 2014, le Dr. Huang Jiefu, président du comité chinois de donation d’organes et de transplantation, expliquait au pourquoi ces prélèvement sur les prisonniers étaient si courant. Il faut chercher derrière l’importance de la tradition chinoise qui voudrait qu’un mort soit enterré sans mutilation, ce qui exclu le don d’organe. A cela s’ajouterait la peur des « Chinois qui s’inquiètent de savoir si les organes seront distribués de façon transparente et juste« . Résultat, beaucoup de demandes mais peu de candidats au don d’organes. 300.000 patients auraient besoin chaque année d’un rein ou d’un cœur, mais seulement 10.000 transplantations peuvent avoir lieu.

Ce déséquilibre entre offre et demande explique sans le justifier le recours de l’Etat aux organes des bagnards. En 2009, 90 % des organes prélevés sur des morts étaient ceux de condamnés à la peine capitale selon . La réforme de 2015 était censée mettre un terme à cette pratique. Mais de l’aveu même du Dr. Huang Jiefu dans le  du 17 août, l’application de la réforme laisserait à désirer :

« Nous sommes à la première marche et il reste 10.000 li [mesure chinoise équivalente à environ 500 mètres, ndlr] à parcourir, la charge est lourde et la route longue mais nous marchons vers la lumière ».

Jusqu’à 90.000 opérations clandestines

Une étude menée en 2006 et reconduite en 2016, , tend à prouver que la situation ne s’est pas du tout améliorée. Menée par un ancien député du parti Libéral au Canada et avocat, David Kilgour, l’enquête démontre qu’entre 60.000 et 90.000 opérations clandestines ont dû avoir cours en Chine l’an passé, contre 10.000 greffes d’organes déclarées officiellement.

La crainte d’une épuration des adeptes du Falun Gong

Les auteurs de l’article de l’American journal of transplantation craignent également que derrière ce prélèvement illégal d’organes se cache un ethnocide des minorités religieuses, tels que les pratiquants du Falun Gong, un mouvement spirituel interdit en Chine, et qui remplissent les prisons chinoises.  pense que « des dizaines de millions d’entre eux sont derrière les barreaux » même s’il est « très difficile de donner un chiffre précis » car « le système carcéral chinois est très opaque« .

Toujours selon l’initiateur de l’enquête, David Kilgour, « la majorité des organes sont prélevés sur les prisonniers de conscience pratiquant du Falun Gong« . Selon ses observations, jusqu’à 1.5 millions de pratiquants auraient été tués pour leurs organes depuis 1999.

En 2006, son révélait une situation encore plus inquiétante : des tests de groupe sanguin et des examens d’organes étaient effectués sur des détenus pratiquants de Falun Gong. Ces derniers étaient par la suite sélectionnées par des médecins et leurs organes prélevés au cours d’une opération entraînant la mort.

En juin 2016, la chambre des représentants des Etats-Unis a adopté une demandant au régime communiste chinois de cesser immédiatement les prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong et d’autres prisonniers d’opinion ouighours ou chrétiens.

 

Quand la greffe d’organe devient un business…

31 juillet 2016 2:35

Article extrait du :  Figaro.fr

Un rapport canadien dénonce un important trafic d’organes prélevés en majorité sur des « prisonniers de conscience ».

« Il ne faut jamais croire les chiffres donnés par les autorités chinoises », affirme David Kilgour. Pour cause, cet ancien député du parti Libéral du Canada, avocat de profession, dévoile dans un rapport paru fin juin que derrière les 10 000 greffes d’organes déclarées l’an dernier en Chine, se cachent « entre 60 000 et 90 000 » opérations clandestines.

PHO8907b08a-5245-11e6-938f-af2f8e8c08a0-805x453

« Pour 70 000 dollars, on peut avoir un package avec avion aller/retour, hôtel et un rein », raconte Francis Navarro, chirurgien au CHU de Montpellier.

Dans un rapport autofinancé bientôt disponible dans les librairies nord-américaines, David Kilgour et ses collaborateurs ont analysé, entre autres, l’évolution du nombre de lits, des taux d’occupation, des temps d’attente des receveurs dans environ 700 des 20 000 hôpitaux chinois. Selon David Kilgour, qui était de passage à Paris début juillet, « il n’y a jamais eu autant de transplantations en Chine. Rien que dans l’hôpital central de Tianjin, qui a ajouté en 2006 un immeuble complet de 17 étages avec 500 lits uniquement dédiés aux transplantations, nous pensons qu’il y en a eu plus de 6 000 l’an dernier. Difficile de croire que les 144 autres centres officiels de transplantations se partagent seulement 4 000 opérations ! »

En plus de sa grande capacité d’accueil, la Chine se caractérise par ses opérations « à la carte ». L’hôpital Changzheng à Shangaï assure que « le temps moyen d’attente pour un organe est d’une semaine, et, en cas d’urgence, 4 heures ». Le centre d’aide internationale à la transplantation en Chine, qui se propose de faciliter l’accès aux greffes, indique même que « si un problème survient avec le greffon, le patient pourra en obtenir un second la semaine suivante ».

Le rapport canadien regorge de témoignages ahurissants, comme celui d’un citoyen taïwanais ayant reçu pas moins de sept greffons différents en seulement quelques semaines. Un cas de figure invraisemblable en Occident où l’attente dure des mois, voire des années. « Cela crée un véritable tourisme chirurgical. Pour 70 000 dollars, on peut avoir un package avec avion aller/retour, hôtel et un rein », raconte Francis Navarro, chirurgien au CHU de Montpellier, qui a participé à de nombreuses rencontres sur le sujet.

Falun Gong

Quelle est l’origine de ces organes dans un pays où, culturellement, il est important que le corps soit enterré entier ? Les autorités évoquent « des prisonniers condamnés à mort ayant donné leur consentement ». Une explication qui ne satisfait ni l’Organisation mondiale de la santé, pour qui le jugement d’une personne incarcérée n’est pas « libre et éclairé », ni David Kilgour : « Ça ne colle pas. Il faudrait un nombre considérable d’exécutions pour pouvoir fournir autant d’organes dans des délais aussi court ». Selon l’avocat, « la majorité des organes sont prélevés sur les prisonniers de conscience pratiquants du Falun Gong ».

Des pratiquants du Falun Gong réunis à Séoul en Corée du Sud où ils ne sont pas persécutés.

Le Falun Gong (aussi appelé Falun Dafa) est une philosophie de vie visant à garder le corps en bonne santé et la conscience en éveil. Introduite en 1992 aux populations par le professeur Li Hongzhi, cette pratique séduit près d’un Chinois sur 12 à la fin du XXe siècle. Un engouement qui ne plaît pas à Jiang Zemin, premier secrétaire du parti communiste alors en place, demandant l’arrestation des pratiquants du Falun Gong du pays dès 1999. Depuis, ils remplissent les prisons chinoises comme le rapporte Amnesty International. « On pense que des dizaines de millions d’entre eux sont derrière les barreaux. C’est très difficile de donner un chiffre précis, le système carcéral chinois est très opaque », explique David Kilgour.

Des organes « très sains »

Cette persécution coïncide avec une multiplication par 4 des opérations de transplantations entre 1997 et 2004. « Nous avons appelé de nombreux hôpitaux en nous faisant passer pour des clients. Nous leur avons demandé s’ils avaient des organes de membres de Falun Gong à disposition. Ils nous ont tous dit oui », raconte l’ancien député. Pourquoi ces gens-là spécifiquement ? « Ils ne fument pas, ne boivent pas, ont une activité physique régulière… Leurs organes sont très sains ».

Selon les auteurs du rapport, jusqu’à 1,5 million de pratiquants du Falun Gong auraient été tués pour leurs organes depuis 1999. « C’est un crime contre l’humanité », affirme David Kilgour. Malgré l’ampleur du scandale, le combat des ONG et la reconnaissance d’institutions comme la Société des droits de l’homme – qui a récompensé en 2010 les premières révélations canadiennes – les États réagissent trop peu.

« C’est un sujet sensible car il touche de forts intérêts économiques. Quand on demande l’avis des politiques français, ils nous répondent que ça ne nous regarde pas », regrette Francis Navarro. En 2010, Valérie Boyer, députée Les Républicains, a bien proposé une loi visant à « lutter contre le tourisme de transplantation d’organes obtenus sur des donneurs vivants contre leur volonté et sous la menace » mais celle-ci est restée sans suite.

En attendant une véritable reconnaissance de leur combat, David Kilgour et l’association Doctors Against Forced Organ Harvesting, nominée au Prix Nobel de la Paix en 2016, multiplient les conférences à travers le monde pour informer les institutions et les populations.

1,5 million de Chinois tués pour leurs organes

1 juillet 2016 10:00

Un article bouleversant a été publié sur le journal Epoch Times le 27 juin dernier, le constat de faits horribles qui laisse sans mot, et qui durent depuis plus d’une quinzaine d’années en Chine.

Un grand merci à ces grands hommes qui ont levé le voile sur ces atrocités ; Messieurs David Matas, David Kilgour et Ethan Gutmann

 

p07-08-09-10-15-MILLION-DE-CHINOIS-TUÉS-POUR-LEURS-ORGANES_03

Un nouveau rapport de plus de 800 pages analyse en détail comment la Chine a bâti une vaste industrie de transplantation d’organes par un système de prélèvements non consentis sur les prisonniers de conscience – globalement des pratiquants de Falun Gong.

 

OrganHarvest_lead_674x450px-674x450-674x400

 

En Chine, les chirurgiens en transplantation sont submergés d’organes humains. Certains d’entre eux se plaignent de faire des journées de 24 heures non-stop, pour effectuer des greffes d’organes. D’autres assurent qu’ils ont un stock d’organes fraîchement récoltés – juste au cas où. Certains hôpitaux peuvent même se procurer les organes nécessaires en seulement quelques heures, tandis que d’autres annoncent avoir transplanté deux, trois ou quatre « nouveaux organes » à la suite, lorsque la première transplantation avait échoué.

Voir les infographies de l’article :

Tout cela se passe en Chine depuis plus d’une décennie, sans aucun système de don d’organes volontaire et avec seulement quelques milliers de prisonniers exécutés – la seule source d’organes officielle selon le régime chinois. Lors de conversations téléphoniques, des médecins chinois ont signalé que la vraie source des organes était un secret d’État. Pendant ce temps, les pratiquants de Falun Gong disparaissaient en grand nombre et ceux qui en ont réchappé ont déclaré avoir été soumis à des tests sanguins au cours de leur détention.

Un rapport sans précédent, publié le 22 juin dernier par une équipe de chercheurs déterminés, révèle en détail l’écosystème de centaines d’hôpitaux et installations de transplantation, fonctionnant en toute quiétude depuis les années 2000.

Selon le rapport, l’ensemble de ces installations a eu une capacité permettant d’effectuer entre 1,5 et 2,5 millions de transplantations au cours des 16 dernières années. Les auteurs estiment que le chiffre réel se situe entre 60 000 et 100 000 greffes par an depuis 2000.

« La conclusion finale de cette nouvelle étude, et de tout notre travail antérieur, est que la Chine est engagée dans un massacre de masse d’innocents », a déclaré l’avocat des droits de l’homme David Matas, co-auteur du rapport, lors de sa présentation au National Press Club de Washington le 22 juin dernier.

Le rapport intitulé Bloody Harvest/The Slaughter : An Update (ndlr. Prélèvements meurtriers / Le Massacre. Mise à jour) se fonde sur les travaux antérieurs des auteurs. Publié peu de temps après l’adoption d’une résolution condamnant les prélèvements forcés d’organes en Chine par la Chambre des représentants des États-Unis, le rapport pose une question explosive : n’assiste-t-on pas à l’heure actuelle en Chine à un génocide médical à grande échelle ?

Des profits énormes

L’hôpital général de l’Armée populaire de libération (APL), dont la tâche principale consiste à prodiguer des soins médicaux aux hauts responsables du Parti communiste et aux militaires, compte parmi les hôpitaux les plus avancés et les mieux équipés de Chine. Le nombre de transplantations d’organes effectué relève du secret militaire. Cependant, au début des années 2000, la plupart de ses bénéfices financiers provenaient de sa division clinique : l’hôpital 309.

« Ces dernières années, le centre de transplantation a été la principale unité médicale rentable, avec un revenu brut de 30 millions de yuans en 2006 et 230 millions en 2010 – soit une multiplication par huit du bénéfice en cinq ans  », peut-on lire sur le site web du centre. C’est-à-dire une augmentation de 4 à 31 millions d’euros.

« Des receveurs trouvent des organes compatibles dans les 72 heures. »

-Journal of Clinical Surgery

L’hôpital général de l’APL n’a pas été le seul établissement médical à se saisir de cette occasion hautement lucrative. L’hôpital de Daping à Chongqing, une succursale de la troisième université médicale militaire, a également accru son profit en passant de 36 millions de yuans (5 millions d’euros) à la fin des années 1990 (lorsqu’il venait juste de commencer à effectuer des transplantations), à près de 1 milliard de yuans en 2009 (134 millions d’euros) – soit 25 fois plus.

Même Huang Jiefu, le porte-parole du ministère de la Santé chinois sur les transplantations d’organes, a déclaré en 2005 à la prestigieuse publication économique Caijing : « On constate que la transplantation d’organes devient un moyen de gagner de l’argent pour les hôpitaux. »

Comment ces exploits financiers ont-ils pu être obtenus à travers toute la Chine sur une période si courte ? Alors qu’il n’y avait pas de système de don d’organes volontaire, que le nombre de prisonniers condamnés à mort était en baisse et que le temps d’attente des patients désirant une transplantation se réduisait jusqu’à se mesurer en semaines, en jours ou même en heures… Tel est le sujet de ce nouveau rapport de 817 pages.

« C’est une recherche qui a été extrêmement difficile à mener », a conclu le professeur Li Huige du centre médical de l’université Johannes Gutenberg de Mayence en Allemagne et membre du conseil consultatif de l’ONG DAFOH (Doctors Against Forced Organ Harvesting Médecins contre les prélèvements forcés d’organes), après avoir étudié le rapport.

Le rapport contient une analyse détaillée de tous les centres de transplantation d’organes connus en Chine – il en existe plus de 700 – incluant le nombre de lits, le taux de fréquentation, le personnel chirurgical, les programmes de formation, les nouvelles infrastructures, le temps d’attente des receveurs d’organes, le nombre de transplantations annoncé, l’utilisation des médicaments antirejet, etc. En s’appuyant sur ces données, les auteurs ont estimé le nombre total de greffes effectuées. Plus d’un million.

Cette conclusion, cependant, n’est que la partie émergée de l’iceberg.

« C’est un système gigantesque. Chaque hôpital a tant de médecins, d’infirmières et de chirurgiens. Cela n’est pas un problème en soi. La Chine est un grand pays », a expliqué le Dr Li lors d’un entretien téléphonique. « Mais d’où proviennent tous ces organes ? »

Des corps en captivité

Les organes destinés à la transplantation ne peuvent pas être prélevés sur des corps morts ou stockés dans un dépôt jusqu’à ce qu’on en ait besoin. Ils doivent être récupérés avant ou juste après la mort, puis être rapidement implantés dans un nouveau corps. Le délai est très court. Les questions logistiques qui accompagnent ce processus expliquent la complexité du problème de la compatibilité d’organes dans la plupart des pays. Hors de Chine, partout ailleurs, il existe des listes d’attente et des équipes dédiées pour encourager les membres de la famille des victimes d’accidents à faire don de leurs organes.

LIRE AUSSI :

Mais en Chine, on retient les prisonniers pour voler leurs organes et les vendre à des receveurs en attente de transplantation.

L’hôpital de Changzheng à Shanghai, le principal centre médical de l’APL, a confirmé avoir effectué « 120 greffes d’urgence de foie » à partir d’avril 2006.

Le vocable « greffes d’urgence de foie » se réfère à la situation d’un patient admis à l’hôpital dans un état critique et qu’un organe compatible a été trouvé quelques heures ou quelques jours après. Une telle situation est très rare dans les autres pays.

Mais l’hôpital de Changzheng a publié un article dans le Journal of Clinical Surgery, une revue médicale chinoise. Cet article vante son succès dans le domaine des greffes d’urgence. « Le temps d’attente de la greffe le plus court, pour un patient après son admission à l’hôpital, n’a été que de quatre heures », peut-on lire dans cet article.

Pendant la semaine du 22 au 30 avril 2005, l’hôpital a effectué 16 greffes de foie et 15 greffes de rein de ce type.

Le premier hôpital affilié de l’université de Zhejiang a publié un rapport du même genre, annonçant qu’entre début 2000 et fin 2004, 46 patients ont subi une « greffe d’urgence de foie » – les receveurs ont trouvé les organes d’un donneur compatible dans les 72 heures.

Même le registre officiel chinois de transplantation de foie, dans une série de diapositives présentant son rapport annuel de 2006, compare le nombre de greffes « sélectivement chronométré » avec les greffes d’urgence. En 2006, on comptait 3 181 transplantations « régulières » et 1 150 greffes effectuées dans des conditions d’urgence – soit un peu plus d’un quart du nombre total.

Ces phénomènes sont extrêmement difficiles, voire impossibles à expliquer en se fondant sur les déclarations officielles. Ils représentent les preuves prima facie de l’existence de « donneurs » retenus en captivité pour prélever leurs organes.

« C’est très bouleversant pour moi », a confié Wendy Rogers, bio-éthicienne australienne, dont l’ami proche souffrait d’insuffisance hépatique et qui avait besoin, pour rester en vie, d’une greffe dans les trois jours.

«  Elle a eu une chance extraordinaire d’avoir pu la faire pendant cette période limite », a déclaré le Dr Rogers.

« Mais faire 46 greffes à la suite ? Il est difficile de trouver une autre explication qu’un meurtre sur commande. »

Certaines parties du rapport, se référant aux témoignages des lanceurs d’alerte et aux documents médicaux chinois, indiquent que certains donneurs étaient encore en vie lorsque leurs organes ont été prélevés. Ainsi, un ancien officier de la police paramilitaire a été témoin d’une opération de prélèvement d’organes effectuée sans anesthésie sur une personne encore en vie. Un témoignage similaire provient d’un ancien employé médical de Jinan.

Ciblés pour l’extermination

Les auteurs du nouveau rapport, à partir des preuves antérieures et des nouvelles découvertes, expliquent que les premières victimes de ces prélèvements forcés sont les prisonniers de conscience – en majorité des pratiquants de Falun Gong.

Le Falun Gong est une discipline traditionnelle chinoise de l’école de Bouddha, devenue extrêmement populaire en Chine dans les années 1990. Il comprend des exercices méditatifs et des enseignements fondés sur les principes d’authenticité, de bienveillance et de tolérance. Le régime chinois a ouvertement soutenu le Falun Gong jusqu’à ce qu’une enquête révèle en 1999 que plus de 70 millions de Chinois pratiquaient cette discipline – un chiffre supérieur à celui des membres composant le Parti communiste.

2005-6-13-arrests

En juillet 1999, le dirigeant du régime chinois Jiang Zemin, envieux du succès rencontré par le Falun Gong, lance une campagne nationale visant à l’éradiquer. Rencontrant tout d’abord une opposition au plus haut niveau au sein du régime, il utilise la campagne anti-Falun Gong comme moyen de consolider son propre pouvoir dans le Parti. Par une campagne de terreur, il écarte les opposants, permettant ainsi à ses acolytes d’accroître leur pouvoir.

Les prélèvements d’organes, pour éradiquer les pratiquants de Falun Gong, ont commencé l’année suivante.

Bien que des preuves de ces atrocités existaient déjà depuis une dizaine d’années, le rôle central du régime chinois est alors devenu évident.

Les trois auteurs du rapport – David Kilgour, David Matas et Ethan Gutmann – ont déjà publié d’autres rapports sur le sujet, mais c’est la première fois qu’ils mettent en commun le résultat de leurs recherches. Ils ont eux-mêmes été interloqués par les résultats de leur enquête.

Ethan Gutmann est un journaliste dont le livre sur les prélèvements d’organes, The Slaughter, a été publié en 2014.

David Kilgour a été secrétaire d’État au Canada et David Matas est un avocat des droits de l’homme de renom ; ces deux derniers ont publié en 2009 le livre Prélèvements meurtriers, qui a suivi un premier rapport choc publié sous le même titre en 2006.

Au cours des dernières années, plusieurs chercheurs sur les prélèvements forcés d’organes ont souvent eu l’impression que l’ampleur de ces prélèvements avait considérablement reculé, ou qu’au moins les pratiquants de Falun Gong et les autres prisonniers de conscience n’étaient plus ciblés.

Or, les auteurs du rapport ont découvert que ce ne n’était pas le cas. « Ils ont créé un mastodonte », a précisé Ethan Gutmann. « Nous voyons une machine gigantesque qu’ils n’arrivent probablement pas à arrêter. Je ne pense pas qu’il n’y ait que le profit derrière, je pense qu’il y a aussi l’idéologie, le meurtre de masse et la dissimulation d’un crime atroce – et le seul moyen pour le cacher, c’est de continuer à tuer les gens qui sont au courant. »

La partie principale du rapport consiste en un compte rendu sur chaque hôpital en Chine, connu pour effectuer des greffes d’organes. Sur les 712 hôpitaux identifiés dans le rapport, 164 font l’objet d’une enquête spécifique et détaillée.

Les centres de prélèvement

L’hôpital général de Nankin, dans la région militaire de Nankin, est traité sur deux pages. Le rapport mentionne la carrière prolifique de Li Leishi, le fondateur du centre de recherche sur le rein (il existe même un document officiel du Parti communiste qui rend obligatoire l’étude du « modèle » qu’il a établi). Li Leishi a été chargé par le régime de développer le plus rapidement possible l’un des centres de transplantation rénale les plus importants du pays.

Dans une interview de 2008, Li Leishi, alors âgé de 82 ans, a révélé que dans le passé il procédait généralement à 120 transplantations rénales par an, mais qu’il n’en faisait maintenant plus que 70. Un autre chirurgien en chef est présenté comme effectuant « des centaines de transplantations de rein par an » à partir de 2001. Avec onze chefs et six chirurgiens associés engagés dans les transplantations de rein, la somme totale des transplantations annuelles serait d’environ 1 000, selon le rapport.

Un nombre impressionnant de transplantations de ce type apparaît à plusieurs reprises dans le rapport.

À l’hôpital général de Fuzhou, également dans la région militaire de Nankin, le Dr. Tan Jianming a personnellement dirigé 4 200 transplantations jusqu’en 2014, selon sa biographie disponible sur le site Internet appartenant à l’Association chinoise de docteurs en médecine.

L’hôpital de Xinqiao, affilié à la troisième université médicale militaire, dans le sud-ouest de Chongqing, passe pour avoir réalisé 2 590 transplantations jusqu’en 2002, allant jusqu’à 24 transplantations par jour.

Zhu Jiye, le directeur de l’Institut de transplantation d’organes de l’université de Pékin, a déclaré en 2013 : «  Il y a eu une année durant laquelle notre hôpital a effectué 4 000 transplantations de foie et de rein. »

Dans un article publié dans le Medical Journal of the Chinese People’s Armed Police Forces (ndlr. Journal médical de la Police armée du peuple) en juin 2004, un graphique montrait que l’hôpital de l’Amitié de Pékin ainsi que l’hôpital Nanfang de Guangzhou ont conduit plus de 2 000 transplantations rénales à la fin de l’année 2000. Trois autres hôpitaux ont également dit en avoir effectué plus de 1 000 à la fin de la même année. La plupart de celles-ci ont été menées en près d’un an seulement, étant donné qu’à la fin des années 1990, la transplantation en Chine était très peu développée.

Hôpital après hôpital, article après article, les chiffres révélés sont tous de cette ampleur. À l’appui : des publications officielles, des discours, des lettres d’information internes, des sites internet d’hôpitaux, des revues médicales, des rapports de média et plus encore.

Sans exception, ces hôpitaux ont commencé à annoncer de tels chiffres au début des années 2000. Le développement d’énormes infrastructures de transplantation et de programmes de formation chirurgicaux ont commencé à être rapportés peu après le début de la persécution du Falun Gong.

Une machine d’État à tuer

La ligne officielle du régime chinois sur la source des organes a changé au fil du temps. En 2001, lorsqu’un premier dissident sortant de Chine a affirmé que le régime utilisait des prisonniers condamnés à mort comme sources d’organes, le porte-parole officiel du Parti l’a nié, en expliquant que la Chine se basait essentiellement sur des donneurs volontaires.

En 2005, les officiels ont commencé à faire entendre qu’il s’agissait bien de prisonniers condamnés. Après que des allégations de prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants de Falun Gong ont été rendues publiques en 2006, les officiels chinois ont insisté sur le fait que la source d’origine était constituée de prisonniers condamnés à mort qui auraient consenti à faire don de leurs organes après leur mort.

« La conclusion de cette nouvelle étude est que la Chine est engagée dans un massacre de masse d’innocents. »

David Matas

Mais une terrible conclusion est lentement apparue au fil de l’enquête – qui rassemble près de 2 000 annotations : cette industrie tout entière a été délibérément créée, presque du jour au lendemain, juste après qu’une nouvelle production d’organes a été mise à disposition.

LIRE AUSSI :

Ethan Gutmann parle de son nouveau livre sur les prélèvements forcés d’organes en Chine 

Cela est induit par l’immense investissement de l’État dans cette industrie, aussi bien au niveau central que local. Au commencement, dans les années 1990, le système de soins chinois était largement privatisé, l’État ne payait que les infrastructures tandis que les hôpitaux devaient s’autofinancer.

Le centre de transplantation de foie de l’hôpital Renji a vu une augmentation croissante du nombre de lits pour les transplantations  : de 13 en fin 2004, à 23 deux semaines plus tard, passant à 90 en 2007 et jusqu’à 110 en 2014.

The-Tianjin-First-Central-Hospital-Google-Drive-2

En 2006, l’hôpital central de Tianjin s’est doté d’un bâtiment de 17 étages, avec 500 lits, uniquement destinés aux transplantations d’organes. Il y a de nombreux cas semblables ; le rapport contient des photographies de ces immenses bâtiments.

La transplantation d’organes est rapidement devenue une entreprise lucrative et les gouvernements centraux et locaux ont soutenu la recherche et le développement, la construction d’immenses nouvelles installations de transplantations et le financement des programmes de formation des médecins, dont la formation à l’étranger de centaines de chirurgiens de transplantation.

Une industrie entière de médicaments anti-rejet a été mise sur le marché, tandis que les hôpitaux chinois ont commencé à développer leurs propres substances de conservation, des produits chimiques dans lesquels les organes étaient gardés en attendant d’être transportés entre le donneur et le receveur.

Comme le centre de transplantation associé à l’université médicale de Chine à Shenyang le dit sur son site Internet : « Pour être habilité à effectuer un si grand nombres d’opérations chirurgicales de transplantations d’organes chaque année, nous devons adresser tous nos remerciements au soutien donné par le gouvernement. En particulier la Cour populaire suprême, le Parquet populaire suprême, le système de Sécurité publique, le système judiciaire, le ministère de la Santé et le ministère des Affaires civiles qui ont promulgué conjointement des lois pour que l’acquisition d’organes reçoive le soutien et la protection du gouvernement. C’est une première dans le monde. »

Les auteurs du rapport n’ont pas voulu communiquer de chiffres précis sur le nombre de morts causées par les prélèvements forcés. Bien qu’il soit possible dans certains cas que plusieurs organes proviennent d’une seule victime, jusqu’en 2013 la Chine n’avait qu’un système ad hoc et localisé de recherche d’organes. Les chirurgiens chinois se sont aussi plaints du gâchis important dans l’industrie de la transplantation en Chine, où, bien souvent, un seul organe vient d’un seul donneur. Ainsi, si 60 000 à 100 000 opérations chirurgicales de transplantation ont été effectuées annuellement, le nombre de morts causées par les prélèvements forcés d’organes pourrait être de 1,5 million.

Comme il est dit dans un résumé sur l’industrie de la transplantation fin 2004 dans le China Medicine Report : « Actuellement, en raison du fait que la Chine n’a pas de système d’enregistrement interactif des organes, parfois il n’y a qu’un seul rein qui est pris à un donneur et de nombreux autres organes sont simplement gâchés ».

LIRE AUSSI :

Chine : un hôpital construit pour tuer

David Matas, à la conférence de presse du 22 juin, a déclaré : « Le phénomène de plusieurs organes pris sur une seule personne a bien eu lieu, mais à une échelle statistiquement insignifiante. »

Selon Lan Liugen, directeur adjoint de l’hôpital N° 303 de l’APL de la province du Guangxi, au début 2013, il n’y avait que deux hôpitaux en Chine qui pouvaient se procurer et transplanter plusieurs organes venant d’un seul donneur. « De telles opérations chirurgicales sont la meilleure utilisation des ressources du donneur », s’était-il exprimé. « Actuellement seuls des pays comme les États-Unis, l’Allemagne et le Japon peuvent faire simultanément plusieurs transplantations d’organes venant du même donneur. »

LIRE AUSSI :

Prise de conscience

Récemment, la Chambre des Représentants des États-Unis a voté une Résolution exprimant sa préoccupation quant aux pratiques de la Chine, que les membres du Congrès ont qualifiées de« morbides » et « révoltantes ».

Un documentaire de 2015 intitulé Hard to Believe (ndlr, Difficile à croire), diffusé actuellement sur les chaînes de télévision publiques aux États-Unis, traite de la manière dont la question a été reçue dans les milieux du journalisme et de la médecine. La gravité de ce qui se passe en Chine depuis quinze ans commence seulement à être révélée. Wendy Rogers, la bio-éthicienne australienne, trouve que les gens ont des difficultés à saisir ce qui se passe.

LIRE AUSSI :

« J’ai dû l’expliquer en détail à une amie allemande qui est ausi bio-éthicienne, qui s’occupe de gérer de nombreux sujets internationaux », a fait part Wendy Rogers. «  Elle ne pouvait simplement pas me croire et m’a demandé : « Comment se fait-il que je ne sois pas au courant de cela ?

La Chambre des représentants des États-Unis a voté la résolution H. Res. 343

30 juin 2016 23:51

Le 13 juin 2016, la chambre des représentant des Etats-Unis a voté la résolution H.Res.343

Article extrait de Epoch Times 

Une décennie après l’exposition des preuves de l’une des plus graves violations des droits humains, la Chambre des représentants des États-Unis a voté la résolution H. Res. 343.

Cette résolution exprime la préoccupation de la Chambre des représentants suite aux« rapports de prélèvements d’organes systématiques, effectués par l’État sur des prisonniers de conscience non consentants en République populaire de Chine ». Cet article a été adopté à l’unanimité dans la nuit du 13 juin, après des discours engagés des membres du Congrès.

« Cette loi marque une étape importante dans la clarification des responsabilités et la volonté de transparence, dans ce qui apparaît aujourd’hui comme l’un, sinon le plus grand crime du XXIesiècle : une opération d’élimination de la pratique du Falun Gong qui dure depuis 17 ans maintenant », précise Chris Smith, co-sponsor de la résolution et représentant du New Jersey pour le Parti républicain. « Pour moi cela ne fait aucun doute que la campagne d’éradication du Falun Gong sera, un jour prochain, considérée comme l’une des plus grandes horreurs ».

Pour Ileana Ros-Lehtinen, représentante de la Floride pour le Parti républicain, qui a présenté la Résolution, cette loi « condamne une pratique horrible qui continue en Chine et qui consiste à prélever des organes… sur des prisonniers d’opinion, politiques et des minorités ethniques, non-consentants. Cette pratique contraire à l’éthique doit cesser ».

Une portée législative

Le passage de la Résolution H. Res. 343 est la plus importante confirmation législative de la réalité du crime de prélèvements d’organes de masse sur les pratiquants de Falun Gong. Les preuves de cette atrocité abondent depuis plus d’une décennie, mais n’avaient jusque-là pas été reconnues, ni condamnées à hauteur de leur gravité.

LIRE AUSSI :

Chine : un hôpital construit pour tuer

Le Falun Gong est une discipline traditionnelle chinoise de méditation dont la popularité a explosé dans les années 1990, avant d’être l’objet à partir de 1999, d’une campagne d’élimination à l’échelle de l’État.

« Au cours des quatre dernières années, le Congrès américain a examiné les preuves des allégations de prélèvements forcés d’organes avec les précédents projets de résolution et des auditions. Aujourd’hui, le Congrès a reconnu que la pratique des prélèvements d’organes forcés continue, mais surtout qu’elle doit cesser », s’est réjoui Torsten Trey, le directeur exécutif de l’ONG, Médecins contre les prélèvements forcés d’organes (DAFOH), à Washington, DC.

Le journaliste d’investigation Ethan Gutmann, qui a publié un livre sur les prélèvements d’organes effectués sur les pratiquants de Falun Gong, a confié par courriel que « le Congrès venait de reconnaître publiquement qu’en Chine, les prisonniers d’opinion sont tués pour leurs organes. On nous a dit que la première étape consiste à faire reconnaître le problème. Eh bien, c’est fait ! Nous devons maintenant agir et en faire quelque chose ».

Depuis de nombreuses années, Ethan Gutmann et beaucoup d’autres enquêteurs et auteurs indépendants n’ont cessé d’approfondir le sujet. Les événements de l’année écoulée, dont le passage de la loi, montrent que les résultats de leurs enquêtes sur ces pratiques mortifères ont été entendus dans les forums publics en haut lieu.

Michael Shapiro, directeur du programme de chirurgie à l’école médicale Rutgers dans le New Jersey et membre du comité d’éthique de la Transplantation Society, a exprimé dans un courriel sa « satisfaction » devant l’adoption de cette Résolution par la Chambre des représentants.

« C’est la première fois que le gouvernement des États-Unis reconnaît l’existence de ces odieuses pratiques et nous espérons que cela va permettre d’exposer cette atrocité aux yeux du pays entier », a-t-il ajouté.

Dans son discours, Ileana Ros-Lehtinen explique : « La répression brutale et les violations des droits humains exercées par le régime chinois, sont connues du monde entier, mais c’est, Monsieur le Président, l’horrible traitement réservé aux pratiquants de Falun Gong qui est particulièrement grave et qui pourtant, ne reçoit pas toute l’attention qu’il mérite ». Et d’ajouter :« Les pratiquants de Falun Gong font partie des victimes les plus vulnérables aux excès de l’État, ce qui fait d’eux des victimes probables de cette horrible pratique en Chine ».

Un approvisionnement d’organes sur demande

Depuis 2006, les enquêteurs ont apporté les preuves montrant que dès leur détention, les pratiquants de Falun Gong subissaient des tests de compatibilité sanguine, avant qu’on leur prélève leurs organes vitaux selon les besoins. Ce système d’approvisionnement « sur demande » est à l’opposé de ce qui se fait dans le reste du monde, où les demandeurs d’organes doivent souvent patienter des mois, voire des années, avant de se voir proposer un organe.

Dès les années 2000, les hôpitaux chinois ont été en mesure de garantir en un minimum de temps – parfois en quelques jours ou quelques semaines, voire quelques mois – des organes dont le prélèvement entraîne la mort du donneur. Ces organes sont généralement le foie, le cœur et les poumons.

LIRE AUSSI :

Dossier spécial sur les prélèvements d’organes forcés

Le bilan des morts de ces abus est difficile à chiffrer précisément, mais de récentes recherches suggèrent que les victimes se comptent en centaines de milliers.

Avec la Résolution H. Res. 343, le Congrès américain rejoint la position du Parlement européen, du Comité des Nations Unies contre la torture, de la Commission américaine sur la liberté religieuse et d’autres organismes mondiaux, qui ont mis en évidence les preuves de prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong et exigé que la Chine fasse preuve de transparence sur ses pratiques d’approvisionnement en organes.

Même si la Résolution n’a pas le caractère contraignant d’une loi, les enquêteurs et les défenseurs qui ont longtemps travaillé sur le sujet estiment que sa puissance symbolique est immense pour sensibiliser et informer largement sur les crimes qu’elle condamne.

« Il n’est possible de faire adopter un texte officiel aux membres d’un Congrès, ou de n’importe quel parlement, que si ses membres sont persuadés qu’un crime a eu lieu. L’adoption de la Résolution est la reconnaissance de la réalité de ce qui se passe actuellement », a déclaré Torsten Trey.

LIRE AUSSI :

Prix Nobel de la Paix 2016 : un groupe de défense contre les transplantations forcées d’organes en Chine nominé

« Le Parti communiste chinois se comporte avec nous comme une amibe : nous le chassons avec nos informations, lui s’adapte à ces dernières et continue ses pratiques », a expliqué Torsten Trey dans une interview en marge de la Conférence Américaine de Transplantation à Boston.

« Maintenant, les preuves dont nous disposons et la prise de conscience générale ont atteint un effet de masse critique », annonce-t-il. « L’étau se resserre de plus en plus sur le gouvernement chinois ».

Peabody-Benjamin_Chasteen-4275-20150531-1500x1363-768x698

Ouvrir la voie aux autres nations

David Kilgour, un ancien parlementaire canadien et co-auteur du premier rapport majeur sur le sujet en 2006, voit dans la H. Res. 343, « une autre étape importante franchie par un important organe législatif ». Selon lui, « d’autres États de droit devraient s’en inspirer le plus rapidement possible ».

À mesure que la réalité du crime se confirme, ceux qui apprennent les faits qui s’y rattachent sont plus aptes à y répondre. Cela a été le cas d’Eliot L. Engel, un membre du Congrès de New York, qui s’est exprimé à la Chambre des représentants : « Ces allégations sont particulièrement flagrantes : les autorités chinoises ciblent des prisonniers en détention à cause de leurs croyances religieuses, avant d’en faire du trafic avec leurs organes… pour moi c’est la chose la plus horrible au monde ».

Cette mesure réclame l’arrêt des prélèvements d’organes et de la persécution qui frappent le Falun Gong et d’autres prisonniers d’opinion en général. Elle appelle le régime chinois à accepter une enquête indépendante sur la question et exhorte instamment l’État.

C’est au Département d’État d’introduire un suivi de la situation des prélèvements d’organes dans son rapport annuel sur les droits de l’Homme. Les défenseurs des droits de l’Homme pourraient prochainement porter l’affaire devant le Sénat et aussi tirer parti de la H. Res. 343 pour pousser le Département d’État à aller de l’avant.

« C’est bienvenu et cela arrive au bon moment », a déclaré David Matas, avocat des droits de l’Homme installé au Canada, co-auteur avec David Kilgour, du premier rapport majeur sur les prélèvements d’organes.

David Matas a écrit dans un courriel : « Tout au long de ma carrière, j’ai assuré la défense des droits de l’Homme. Mon expérience est que les voix qui s’opposent aux violations des droits de l’Homme commencent comme un murmure, avec des victimes dont la voix affronte l’incrédulité et l’indifférence. Au fil du temps, les efforts engagés créent un élan qui devient inarrêtable. La lutte commence sur les marges avant de gagner le cœur de la société. La résolution des États-Unis, pour citer Winston Churchill, marque le début de la fin ».

Une nouvelle déclaration écrite 48/2016 devrait être votée dans les prochaines semaines au Parlement européen pour préciser davantage les termes de la précédente déclaration de 2013.